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La récompense
14 juin 2026
04h00 : réveil. Nous sommes le Jour J. Les mois de préparation livrent enfin leur récompense : je suis prêt. Il se passera aussi tout ce que je n’ai pas anticipé, je sais que je vais devoir trouver les solutions. C’est précisément ce qui fait le sel de ce sport !
Petit déjeuner classique avec mes amis Nantais et Christophe. Il est déjà au gâteau sport. Gilles arrivera plus tard sur la course car il compte partir plus loin dans les sas de natation.
05h15 : Arrivée sur le départ. Le parc n’est pas encore ouvert. Le soleil se lève. La journée va être belle.
05h30 : Pression des pneus, bidons, compteur, dernière vérification des passages de vitesse et des freins… le vélo est « race ready ».
Dernière vérification des sacs de transition.
Tout est en place. La course va enfin pouvoir démarrer. Et c’est bon ça !!
06h00 : On file vers le départ natation. J’enfile la combinaison, dépose le sac. A peine le temps de faire 3 mouvements pour s’échauffer qu’il faut se diriger vers les sas départ. Ils sont encore plus loin et avec presque 3 000 partants, tout est très long.
06h20 : Arrivée sur le départ natation. Je retrouve l’équipe de chearleaders incroyables qui sont venues nous soutenir. Grand sourire.
Ça va bientôt partir. Premier gel de la journée avant le départ.
06h25 : Dans le sas. Le soleil se lève sur le plan d’eau. C’est superbe.
Je me faufile pour aller le plus devant possible. Ce sera finalement le sas départ moins de 1h10.
J’ai pu nager la veille. L’eau était claire avec pas mal de végétation. J’ai même été accueilli par un silure d’un mètre durant ce repérage. Il dégustait des algues.
Impossible d’aller à l’eau ce matin avant le départ donc je m’arrose copieusement avec une bouteille d’eau.
Dernier check avec Christophe qui va se placer sur la gauche quand je pars sur la droite. Bonne course champion ! Je reste avec mes 2 amis nantais.
06h33 : Coup de feu ! Premiers partants. Le rolling start fait son œuvre. D’ici 10 minutes je serai à l’eau. Je mesure la chance que j’ai. Je pense à ceux qui n’ont pas pu être là : Pierre, Olivier, Sylvain et d’autres.
06h42 : la porte de départ s’approche. On se fait des politesses avec mes amis nantais pour savoir qui partira en premier et qui prendra les pieds de l’autre.
Dernier check. Bonne course à tous ! Je vous souhaite le meilleur !!
06h43 : Et c’est parti ! Je plonge comme je l’ai bien répété à la piscine. Mes lunettes restent bien en place : premier succès de la journée ! Quel pied d’y être enfin !!
La natation
Le plongeon me projette instantanément dans ma course. Je l’avais visualisé et tous mes repères sont en place. Je suis calme, serein et respire facilement.
Je choisis de nager à l’extérieur du peloton pour poser ma nage. Quelques tensions à l’épaule gauche dès les premiers coups de bras me poussent à ne pas m’enflammer. Ce n’est plus de mon âge de ne pas assez m’échauffer !
Le parcours est extrêmement lisible. Nous nageons dans le Cher. Nous dessinons un rectangle et toutes les bouées sont à main droite. On commence par remonter le courant (très faible) sur 1.4km, tournons à droite sur 100m, puis encore à droite pour descendre le courant sur une ligne droite d’environ 2km avant de faire les derniers 400m contre le courant. Bref, il y a juste à tourner les bras et bien caper.
Au bout de 400m je commence à trouver mon rythme. Je vais chercher des pieds, regarde bien ma trajectoire. Je me rappelle les recommandations d’Olivier et m’applique à respirer en 2 temps pour bien m’oxygéner.
Encore 1km. Beaucoup d’algues et de plancton avec tous les remous des nageurs. Ça colle même un peu sur le visage. Les silures sont partis depuis longtemps j’imagine.
Me voilà à la bouée du bas. Le rythme est posé. Tout va bien. On tourne.
Je maintiens mon rythme et immédiatement je gagne plus de 10’’/100m grâce au courant. La ligne droite de 2km va passer vite.
Je me retrouve par hasard avec un des amis nantais. Nous nageons côte à côte et draftons un troisième qui nous ouvre la voie. Avec le soleil c’est superbe. Quel plaisir inattendu de nager entre amis sur la course !
Déjà 3.4km de nagés. Pas d’à-coups. A mon rythme. J’ai l’impression d’avoir bien capé aussi.
Derniers 400m : je remets des jambes pour préparer la sortie de l’eau. On se retrouve face au courant donc cela aide à bien finir. La rampe de sortie s’annonce déjà.
Au final 1h09 avec le niveau d’engagement prévu et des belles sensations. La journée démarre parfaitement.
Et puis … au moment où je me redresse pour sortir de l’eau, un concurrent me pousse pour me passer devant. Il me bouscule et me marche sur la cheville. Aïe ! Elle a tourné. Je connais cette douleur. Entorse. 1er aléa de course.
Tout de suite je me mobilise pour rester calme. J’ai 400m de course à pied jusqu’à T1 pour évaluer l’état réel de la cheville. J’en ai eu tellement des entorses aux chevilles. Même si la douleur est présente, je sais que j’aurai tout le temps sur le vélo pour décider de la meilleure solution à mettre en œuvre. Je reste positif et me concentre sur la T1.
Oh surprise ! Sur le tapis à la sortie de l’eau se dévoile à quelques mètres devant moi une superbe combinaison Veltri : C’est Christophe ! Il est parti après moi à l’eau et a bien nagé. Petit coucou. Il a l’air de souffrir et me dit qu’il a des crampes aux mollets mais que ca va le faire. Je croise les doigts pour lui. Allez Champion !
Me voilà à T1. Je peine à attacher mon casque aéro. Je ne le mets pas souvent et je n’ai pas assez répété. Leçon bien retenue pour la prochaine fois.
J’enfile les chaussures de vélo. Courir avec les cales est toujours un plaisir, et encore plus avec la cheville douloureuse.
Je récupère le vélo. Tiens il me manque un élastique pour sécuriser le bidon que je mets entre mes bras. Un gentil concurrent a du s’imaginer que je n’en avais pas besoin…. En même temps ce bidon là n’a jamais sauté durant mes entraînements.
Me voilà en selle maintenant !!
Le vélo
Toute la sortie de Tours est très roulante. Mon objectif sur les 10 premiers km est de basculer en mode vélo et d’accrocher mon cardio le plus bas possible. Je limite donc les watts au maximum et fais des exercices de respiration/visualisation pour baisser le cardio. Je suis quand même déjà à 38km/h et me fais doubler par des concurrents lancés comme des balles sur leur CLM. Je dois vraiment me concentrer pour continuer à lever le pied.
Mon cardio se stabilise doucement après 20km mais reste quand même plus élevé que prévu. J’accepte de courir avec 3/5 pulsations de plus que prévu, mais pas plus. Je décide alors de baisser immédiatement mes watts cible pour la course (-10W vs. ma cible initiale) pour préserver ma course à pied. Ce n’est pas ce dont j’avais rêvé mais c’est la meilleure chose à faire là maintenant. Je fais attention à switcher tout de suite mentalement pour ne pas tomber dans la frustration et me lance dans ma course avec des priorités claires : compenser cette baisse de watts par une position aéro de tous les instants, sécuriser hydratation et alimentation, et profiter des paysages !
Je prends maintenant mon rythme. Je roule au même rythme que 3 à 4 coureurs avec lesquels on s’organise pour faire notre ligne. Tout le monde est clean et respecte les 12m. Un de ces coureurs vient de Jouy-en-Josas et m’accoste quand je le double sur une montée. On se dit qu’on va faire la course ensemble à ce rythme là et qu’on va se tirer les uns les autres. Le plan est parfait !
Et puis … mon bidon entre les bras saute ! Aléa numéro 2. Je veux préserver impérativement ma nutrition et je décide de faire demi-tour pour le ramasser. Me voilà à le chercher dans les herbes hautes du bord de la route. Une minute de perdue. Tant pis. Il reste encore plus de huit heures de course.
Le groupe s’est maintenant envolé et me voilà à rouler sans repère pour donner le rythme. Je sais que d’autres groupes passeront encore compte-tenu de mon sas de départ à la natation.
Km40 : Ça y est un groupe avec un bon rythme passe et je décide de me caler avec eux.
Un ami de Claudius fait partie du groupe : Cédric Martin, alias Tintin ! Il vient me parler grâce à ma combinaison. Il me demande si j’ai fait la reconnaissance du parcours. Et non malheureusement ! Il m’indique alors les passages plus compliqués et là où il faudra mettre un peu plus de puissance. Merci Tintin. J’en prends bonne note. C’est bon d’être un Veltri !
On arrive proche de la mi-course. Le cardio est stabilisé à +3/5bpm comme prévu, la cible de watts revue à -10W bien maîtrisée, la nutrition se passe parfaitement, la cheville ne me cause aucune douleur sur le vélo… Tous les voyants sont au vert. Je continue comme ça !
La deuxième partie du parcours comprend la majorité du D+. Les revêtements sont moins roulants. Le vent (léger) sera de face pour revenir sur Tours. C’est là que ça se joue.
Je maintiens exactement la même tactique de course. Je passe les bosses en étant conservateur sur mes watts. Je veux à tout prix préserver ma course à pied sous la forte chaleur.
De plus en plus de triathlètes commencent à souffrir sur le vélo après la 1re côte au km100.
Le vent de face arrive vers le km130. Je me fais doubler par 2 groupes de 8/10 concurrents qui tournent ensemble face au vent. Certains semblent confondre le triathlon avec un contre-la-montre par équipe….
La chaleur continue de grimper doucement. Je me concentre pour m’arroser à chaque ravitaillement avec de l’eau. Le parcours en 1 seule boucle favorise des ravitaillements bien sécurisés car on ne rattrape jamais de concurrents plus lents. Je peux donc passer quasiment à pleine vitesse à chaque ravitaillement et attraper une bouteille d’eau sans risque.
La fin du vélo s’annonce. Tout se déroule parfaitement. Puissance revue bien maintenue, du coup pas de dérive cardiaque et nutrition/hydratation bien tenue.
Km150 : Bonne surprise ! Je double un des amis nantais. Il est parti bien devant moi dans les sas en natation, et c’est un bon rouleur. Je me dis que je suis probablement en train de faire une très bonne course vélo.
J’ai décidé de ne pas regarder mon temps de course vélo depuis le départ et je m’y tiens. Je reste concentré sur ce que j’ai à faire et rendez-vous à l’arrivée pour le résultat.
Km170 : Je reste concentré pour ne pas perdre de terrain sur l’entrée en ville et les derniers km. Dernières nutrition/hydratation avec la course à pied. J’étudie maintenant les options possibles pour faire face à ma douleur à la cheville lors de la course à pied.
Km175 : Je fais remonter en mémoire les trails que j’ai su bien terminer malgré une entorse et me conditionne pour courir : « Courir avec mal aux chevilles et aux jambes, je sais faire ! »
Et me voilà déjà à T2. Le club des supportrices m’accueille avec leurs plus beaux sourires. Toujours un grand plaisir. Quelle chance nous avons d’être si bien entourés !
Je regarde mon chrono sur mon compteur : 5h02. On est bien là !
La course à pied
Je repose le vélo. Les premiers mètres à courir sans les chaussures de vélo sont plutôt encourageants pour ma cheville. Je décide donc de me lancer sur le parcours sans passer à la tente médecins.
Me voilà les chaussures de running au pied, chapeau, lunettes… C’est parti !
Avant la course, j’avais décidé de revoir mon allure cible de course à la baisse (-5 à -10 "/km) pour tenir compte de la chaleur attendue. Il est maintenant 13h et il fait 31°C. Je confirme cette décision. Je vais surtout surveiller comment mon cardio s’accroche en course à pied avec cette température et ajuster si besoin.
Le plan est de courir plus lentement les 3/4 premiers km pour trouver mon rythme, et accrocher le cardio le plus bas possible.
Mais je n’y arrive pas. Je suis déjà à mon rythme cible dès ce 1er km. Je me donne la consigne de ralentir mais rien n’y fait. La cheville me fait souffrir mais je sens que je vais pouvoir courir dessus jusqu’au bout sans grande difficulté. Très bonne nouvelle !
Le public est déjà dense, hyper encourageant. Ca va être un beau marathon !
Km3 : Je croise Christophe sur le parcours. Il est ~1km devant moi environ. Il a envoyé très lourd sur le vélo ! Magnifique !! Il a malheureusement l’air d’avoir les mollets encore bien douloureux. J’espère que ca va passer pour lui. Forza !
Km5 : Mon cardio est parfaitement accroché dans ma zone 2. Je tiens bien la chaleur. Tout est en ordre. Je continue à bien boire et m’alimenter. Aspersion à chaque ravitaillement obligatoire pour tenir la chaleur. Le rythme est pris. Il n’y a plus qu’à courir.
Le parcours comprend 3 boucles de 14km. Je décide de faire la 1ère boucle à ce même rythme pour prendre connaissance du parcours avant d’éventuellement accélérer.
Tous les bénévoles seront incroyables sur le parcours. Toujours souriants, encourageants et attentionnés. Une organisation vraiment au top pour ce premier XL à Tours.
Km13 : Au ravitaillement, un bénévole m’encourage à boire : « ce verre là tu le bois à la santé de Croco » ! Merci encore la combinaison Veltri. Impossible de passer inaperçu ;-).
Il sera là à chaque tour avec un petit mot spécial : « si tu cours si bien, c’est grâce à Croco ! »
Km14 : Fin de la première boucle. 1er passage le long de l’arche. Je repasse encore 1 fois et celle d’après ce sera sous l’arche ! Il me reste 28km. Les jambes sont dures mais rien d’anormal, la cheville est douloureuse mais totalement supportable. Tous les voyants sont au vert. Y’a plus qu’à courir.
Je décide de continuer jusqu’à la fin du 1er semi au même rythme pour ne pas prendre de risque face à la chaleur.
Passage devant le club des supportrices. Elles me le confirment que tous les Veltri et amis nantais ont bien posé le vélo. Top ! Pas d’incident. Bonne fin de course à tous, je vous souhaite le meilleur !
Km23 : Un peu de lassitude et la chaleur qui fait son effet. Je me reconcentre tout de suite sur mes sensations et me rends compte que j’ai faim. Je n’ai pas dû assez manger sur le vélo. J’augmente alors mon alimentation doucement et maintiens bien l’hydratation/aspersion en parallèle.
Je décide de maintenir le rythme jusqu’à la fin de la deuxième boucle le temps que l’alimentation fasse son effet.
Km28 : Dernier passage juste à côté de l’arche. Au prochain tour, je passe dessous. Ça s’approche…
Tous les voyants sont encore au vert : cardio toujours stable, nutrition/hydratation revue et maîtrisée. Les jambes durcissent de plus en plus et la cheville commence à se faire entendre aussi un peu plus, mais rien d’anormal.
Il me reste maintenant 2 x 7km. Et ça je sais faire ! Je décide d’augmenter un tout petit peu le rythme jusqu’au km35.
Avec le temps, de plus en plus de concurrents sont sur la boucle à pied. Les ravitaillements sont plus encombrés, il faut être malin pour s’arroser ou s’hydrater en limitant les arrêts. J’ai l’impression que ma course ralentit…
Km33 : Ma femme court à mes côtés : « tu voles » me dit-elle. C’est beau l’amour ! Je la remercie pour tout son support, y compris pendant tous ces mois de préparation. Je mesure encore un peu plus ma chance de vivre à ses côtés.
Elle me donne rendez-vous sous l’arche parce qu’elle ne pourra plus me voir d’ici l’arrivée sur le parcours. Tiens, elle pense que c’est fini, elle. Moi je me dis que les 9 derniers km d’un Ironman ce n’est jamais fait d’avance…
Du coup, immédiatement, je remets mon focus sur ma foulée et opère un switch émotionnel.
Je me dis qu’il y a quelques mois, en démarrant ma préparation, si on m’avait dit que j’en serai là, au km33 de cette course avec des bonnes jambes, j’aurais signé tout de suite.
Je repense à tous les entraînements avec le club, les WE avec les amis nantais, les entrainements seul, tôt le matin. Je mesure mon privilège d’en être là, ici et maintenant : «Les 9 derniers kms à bon rythme, tu sais faire ! »
Km35 : Me voilà lancé dans les 7 derniers. Ce n’est pas la partie la plus roulante du parcours mais je décide d’accélérer un peu plus jusqu’au prochain ravitaillement. Les jambes deviennent de plus en plus raides mais continuent de bien répondre. Le cardio, lui, reste stable. Ca pique mais on est bien là !
Km40 : Le panneau 40km se présente. Dans 10 grosses minutes je serai sous l’arche. Je m’assure de savourer ces dernières minutes de course. Il n’y a plus qu’à profiter !
Km42 : L’arche s’annonce. Elle sera en fait au km 42.7. Les organisateurs ont voulu nous offrir 500m de plus pour savourer. En tout cas, cette fois-ci je ne repars pas pour un tour.
La ligne d’arrivée
Je prends le virage à gauche pour suivre le panneau « finish line ». Le club des supportrices est là. Le bruit est dingue. Je passe sous l’arche. « J-S, you are an ironman ! » résonne au micro. Je suis Heu-reux.
03h48 de course à pied. Avec en cadeau un negative split sur le marathon :-)
Temps final : 10h15. J’ai pris énormément de plaisir sur la course, je suis satisfait du résultat et je suis fier d’avoir été la personne que j’avais décidé d’être aujourd’hui. Celles et ceux qui ont participé à notre session d’échange sur la préparation mentale me comprendront ;-)
Km42.3 : Me voici dans le club des supporters.
Les amis nantais tiennent leurs objectifs. Forza !
Christophe arrive à trouver des solutions pour faire du mieux possible sur sa fin de course malgré ses douleurs aux mollets. Une magnifique leçon de détermination !
Gilles est en train de faire une superbe course, parfaitement maitrisée. Magnifique !
Bravo à tous les amis !!

Dimanche 15 mars 2026.
Nous arrivons à Boulogne pour le Duathlon de Paris et sommes sur la pelouse convoitée à l’heure prévue.
Il fait beau, la vie est belle, même si nous commençons à être un poil nerveux et fébriles.
Nous sommes 5 et il faudra terminer au moins à 3, avec au moins un homme et une femme.
Notre capitaine Gilles distribue les dossards aux véliziens de l’équipe mixte savamment sélectionnée.
Il avait prévu d’être la locomotive du TGV vélizien mais il a une rage de dents qui le mine et depuis, nous avons récupéré Théo en locomotive alternative.
Clément est en pleine forme, il peut servir de locomotive alternative si nécessaire. Nous voici embarqués avec trois motrices, une voiture féminine première classe et… un wagon restaurant.
Cécile et moi sommes les deux facteurs potentiellement limitant. La féminine qu’il faudra garder coûte que coûte pour que l’équipe puisse rester « mixte » et le vieux qui aurait mieux fait de changer de sexe car en l’état, rien n’oblige l’équipe à se le traîner jusqu’à l’arrivée. Idée à noter pour la suite de ma carrière sportive…
Nous sommes l’équipe 135, nous partirons dans les derniers.
Il y a en tout une petite cinquantaine d’équipes mixtes et les équipes ont été rangées dans l’ordre alphabétique, ce qui signifie que si l’on ne veut pas partir dans les derniers, il ne faut pas prendre comme nom d’équipe « zz-top ».
Cela signifie aussi que les niveaux sont mélangés, très variables.
À ce propos, on voit de sacrés athlètes. La plupart des filles ont leur nom écrit en gros sur leurs fesses. Ça en impose. Avec tous les champions qui passent devant nous, on se dit que ça va être très bataillé. Nos chances de podium fondent à toute vitesse comme la noix de beurre déposée dans la poêle brûlante.
On louche sur une équipe de cadors équipés d’avions de chasse (Poissy Triathlon, s’il vous plaît !) en se demandant ce qu’ils valent et les chronos qu’ils visent. Comme nous, ils sont cinq, embarquent beaucoup de testostérone et une seule féminine.
De l’art de doser la mixité pour mieux gagner.
Cécile fonce droit sur cette féminine qu’elle a reconnue pour l’interroger sur ses chronos : il s’agit de Lénora Mageux (c’est écrit sur ses fesses), une championne de France minime qui a maintenant 24 ans et court le 10 km en 35 min.
Elle a prévu de courir en 3’ 30’’ au kilo.
Logique.
Comme il s’agit de l’équipe 139, on sait déjà qu’ils vont partir 4 min derrière nous.
Nous allons avoir chaud aux fesses, mais — au-delà du fait que nous n’avons aucune chance face à ce type d’équipe — on calcule qu’ils ne peuvent pas nous rattraper pendant la première course à pied. C’est déjà ça.
Les départs en contre-la-montre toutes les minutes sont très appréciables. Ils permettent à chaque groupe de choisir son allure, de partir au bon rythme. Aucune baston à l’horizon.
Après avoir effectué un petit échauffement de 4 km à pied avec quelques montées de genoux, vers 13:30, c’est enfin à nous.
Nous partons pour notre première course à pied avec un très bon rythme, sans se mettre dans le rouge. Ça part en descente, cela veut dire qu’on finira par le payer avec une montée. Grâce aux techniciens professionnels de l’équipe, on gère à merveille. Le « club des 5 » reste soudé et homogène.
Il y en a un peu plus ; je vous le mets ?
À ma montre, on termine avec 5,4 km au compteur en 21’ 35’’ soit à peu près exactement 15 km/h.
Les 4’ au kilo prévus ont été tenus, c’est parfait.
En revanche, la première transition me paraît assez laborieuse. Je compte 2’ 40’’ de galères diverses. Le parc est assez long, mais quand même. Le changement de chaussures n’est pas si simple, même si l’on sait qu’il sera bien utile car il représente un investissement essentiel pour la partie cycliste.
En vieux renard que je suis et sans même utiliser mon célèbre chausse-pieds, je suis prêt à sortir le premier du parc. J’attends le regroupement puis enfourche joyeusement Jolly Jumper quand Gilles me crie de remettre pied à terre : il faut attendre la deuxième ligne qui est bien plus loin. Oups ! Je confirme mon statut de boulet : le vieux n’a vraiment aucune expérience, il n’a jamais dû voir un parc à vélo.
Théo se positionne en tête et commence doucement à faire tourner les jambes.
C’est parti pour 6 tours de Longchamp.
On est encore en train de régler notre thermostat pour trouver la bonne température de course que l’on se fait déjà accoster par l’équipe 139. Enfer et damnation ! Ils sont déjà à côté de nous ! Ils nous ont déjà repris les 4 min ! Je calcule qu’ils n’ont pu en reprendre que trois en course ; la quatrième leur a sans doute été offerte pendant la transition. C’est ballot.
On roule une petite minute de conserve, puis ils s’éloignent doucement. Ils ne roulent pas beaucoup plus vite que nous, ce qui rend le dépassement délicat, et Théo en a encore sous la semelle, mais il n’a pas le droit de profiter de leur aspiration et il doit vérifier que les deux féminines (Cécile et moi) restent bien au contact derrière lui.
Théo trouve un très bon rythme de croisière. Cécile est parfaitement calée dans sa roue et j’essaie de ne pas trop faire l’élastique derrière Cécile.
Mon chrono est très souvent au-dessus de 40 km/h.
Rouler dans ce train est grisant.
On enrhume pas mal d’équipes concurrentes, c’est plaisant.
Comme il y a 6 tours à faire, les équipes doublées ne sont pas toujours dans le même tour. Ce qui fait d’une part que l’on croise beaucoup de monde et d’autre part qu’il faut être fort en math pour calculer à partir du numéro de dossard et de l’allure estimée à combien de tours les autres en sont.
Non seulement nous nous faisons très peu doubler, ce qui est de bon augure, mais on finit par rattraper l’équipe 139 qui avait dû être un peu gourmande sur le démarrage. Après deux tours en admirable pilote de circuit, Théo laisse la place à Gilles qui place une petite accélération. Le capitaine est nerveux. On est venu pour la gagne, oui ou merde ?
L’incroyable Cécile parvient à s’accrocher, ce qui m’oblige à faire pareil. L’équipe 139 est maintenant derrière nous !
À chaque tour, je perds la tête (ça vaut mieux que de perdre les pédales) du groupe dans le virage et je suis obligé de taper une pointe à 50 km/h pour recoller, pendant que Clément me suit en me servant de coach mental.
Poissy nous rattrape une nouvelle fois et nous terminons les 6 tours de Longchamp aux côtés de l’équipe 139 — nous faisons jeu égal sur le vélo — avec au compteur un total de 20,7 km en 30’ 45’’ soit 40,4 km/h de moyenne.
Accessoirement, nous sommes quelques-uns dans le groupe à avoir pété tous nos records Strava. Surtout moi qui ne roule jamais à ces allures de dingue.
La deuxième transition est plus simple mais elle voit l’apparition de crampes aussi soudaines que douloureuses. La mienne passe assez vite et je repars doucement, mais Théo reste au sol : il ne peut pas remettre sa chaussure de course à pied.
Clément se sacrifie pour l’aider.
Arrivés à la sortie du parc, le trio restant se retrouve dans l’embarras : les arbitres nous stoppent et nous devons décider si nous coupons le cordon et partons à 3 ou si nous les attendons. Nous pourrions filer et gagner de précieuses secondes, mais nous avons l’intuition unanime que le « club des 5 » a encore un bout de course à faire ensemble pour écrire l’histoire. Nous patientons et sommes récompensés en voyant nos deux héros revenir rapidement vers nous.
Cette transition, intense en émotions, n’a duré qu’une minute.
C’est parti pour la deuxième course à pied, toujours sur un très bon rythme et un peu plus de péripéties avec des organismes usés. Théo est stoppé par des crampes. Il s’arrête pour ensuite mieux repartir et nous rejoindre. Tout le monde s’occupe de Cécile qui est absolument incroyable. Je commence à arriver lentement mais sûrement au bout de mes ressources et réserves. À 200 m de la ligne, je me sens faiblir et je sais que je ne pourrai plus continuer longtemps. Je vois les quatre fantastiques franchir la ligne et je les rejoins avec quelques mètres de retard.
La deuxième course est certes deux fois plus courte que la première, mais ça dépasse les doses dans les mêmes proportions.
Ma montre me donne 2,7 km que nous bouclons en 10’ 43’’ soit 15,1 km/h ou 3’ 58’’ au kilo, un poil plus rapide que la première.
Cela me donne un total de 1 h 06’ 43’’ à ma montre, même si ce n’est pas ce qui s’affiche sur le chrono officiel de l’organisation.
Nous sommes incroyablement heureux et grisés par cette course et cette performance.
Le verdict tombe rapidement : nous sommes la 3e équipe mixte, donc sur le podium.
Poissy est l’équipe victorieuse.
Nous avons fait jeu égal sur le vélo.
Et même mieux, car nous sommes restés groupés à 5 alors que Poissy a perdu des gens en route.
Cécile a fait jeu égal avec Lénora.
Cécile a fait jeu égal avec une championne de France.
Je me demande si elle se rend compte de son talent.
Je suis vraiment très content de cette journée et de cette course avec cette équipe incroyable.
Nous avons pris énormément de plaisir dans toute l’aventure, depuis l’inscription et la préparation stratégique jusqu’à la photo sur le podium, en passant par des entraînements techniques pour rouler en groupe.
On mérite de faire au moins la couverture de la gazette Vélizy-Associations, mais un article dans le Parisien ne serait pas volé!
Voici un petit CR de cette belle épreuve courue le 14 octobre avec Patrick.
Nous étions 3 inscrits du club, mais c’était finalement trop compliqué pour Aurélien de venir en transport en commun.
Bon c’est vrai qu’il faut aimer nager, et ce n’est pas toujours la passion des triathlètes (ah bon ?).
Ou alors avoir envie de se tester sur un nouveau format (c’est le cas de Patrick).
Nous décollons donc de Bandol vers 6h30 (« décoller » le terme est fort avec ma 206 de 1999), et arrivons à l’hôtel Juliana pour « prise des dossards » vers 8h30.
En fait, il s’agit d’un chasuble (à mettre par-dessus la combi), d’un bonnet et d’une puce.
Garé devant l’hôtel, on se dirige tranquille à pied vers la plage de la croisette devant l’hôtel Martinez.
Pour les novices, le SwimRun consiste à alterner nage et CAP de plage en plage sur des sections en général assez courtes (1-2 km).
A l’origine (en Suède), la course se fait à 2, souvent reliés par une longe.
Cela évite de perdre son co-équipier (!), et permet au plus fort de tirer le plus faible en NAT mais aussi en CAP (sensations garanties !)
Mais de plus en plus, il est possible de pratiquer en solo (pas toujours facile de trouver un partenaire de niveau assez équivalent).
En général, c’est toujours dans des lieux assez ludiques (lacs, mer…).
Coté logistique, c’est assez différent du Triathlon :
Une combi shorty (pour pouvoir courir en combi, quitte à baisser un peu le haut si trop chaud).
Conseil :
Pour ma part, j’ai une vieille combi de planche à voile découpée en shorty qui s’ouvre par l’arrière !
Pas l’idéal mais le père Noel va bientôt remédier à tout ça.
J’ai aussi décidé de partir sans PB et sans plaquettes, mais avec des manchettes (en fait j’aurais dû prendre une machette).
Plusieurs raisons : mal au dos avec le PB en mer car trop surélevé de l’arrière et peur d’être gêné par les plaquettes en CAP (petit joueur !).
Patrick, lui est parti avec le PB sans plaquettes.
Coté météo, grand beau (« évidemmaing » et mer à 22°, on a connu pire (16° à l’ile de Ré avec Aurélien, Brrr…)
Patrick me confie qu’il espère ne pas avoir de sable dans les chaussures…
10h30 : c’est parti pour une 1e CAP…… sur la plage, puis passage sur la jetée pour partir sur des rochers et là….
intervention du SAMU pour un concurrent ayant chuté sur les rochers …
Chaussures Trail (je réinsiste !)
La 1e section NAT est en bord de plage, puis on enchaine sur la 3e section CAP « longue », et là, c’est pas pareil…..
En fait nous montons assez raide une ancienne voie de tram désaffectée avec un D+ de 200m.
La descente se fait ….. dans le lit d’une rivière à sec ou pas (!), on passe dans une caverne, sur des rochers, sous des troncs d’arbre, bref, plus de la rando que de la course.
Bonne idée pour moi d’avoir doublé dans la montée car ce secteur génère potentiellement pas mal de bouchons….
Patrick sera bien ralenti malheureusement sur cette portion.
On finit par déboucher sur la route et terminer la descente pour un nouveau secteur de NAT.
Les tronçons s’enchainent, une suédoise engage la conversation, elle fait la course pour la 4e fois, « je suis 3 fois championne du monde ».
Ah oui ben pas moi…
Au final, nous arrivons plage de la croisette après un beau parcours, original sur ce 3e tronçon.
A noter que l’organisation offre le déjeuner ensuite sur la plage en mode BBQ super sympa.
Voili, voilà, à noter que c’était la course « sprint » et qu’il y a un format légèrement plus long : 8km de NAT et 33 de CAP !
Des motivés pour 2024 ?
Le SwimRun, c’est à faire (au moins) une fois dans sa vie!
TRIATHLON VERSAILLES 2016 vu par Speedy
Avec ma côte douloureuse, j’avais tenté la semaine précédente une tactique stupide : partir tranquille derrière. Mal m’en a pris, je revenais sans cesse sur des nageurs trop lents qui m’envoyaient leurs jambes de brasse dans les côtes ! Cette semaine je vais tenter tout le contraire : la pôle position. Gonflé le Speedy ! Je me place bien mais l’attente est longue, je me refroidis et finis par me faire surprendre par le coup de pistolet. Quel touriste ! La demi seconde que je perds à retrouver le bouton du Garmin me coûte assez cher, je me retrouve avec un peloton de nageurs survitaminés qui me passe sur le corps. Je bats mon record de coups dans la gueule et de tasses bues et fête ainsi par un bizutage auto-administré mon entrée dans la catégorie des vieux V3 qui doivent y réfléchir à deux fois avant de se mettre au milieu des séniors testostéronés.
J’ai bien du mal à reprendre mon souffle, mon calme et mon rythme. J’arrive au bout des 800 m bien entamé, me doutant que Benjamin et Xavier sont devant (le chrono confirmera que Benjamin m’a pris 1 min 35 s et Xavier 22 s, les coquins).
La transition est une fois de plus bien moyenne. Heureusement, les courageux du club sont là pour m’encourager et me mettre la pression. J’ai oublié de préparer les chaussures vélo, les scratchs des fermetures velcro ne sont pas défaits. J’ai également oublié de sortir le chausse-pied. Tout est trempé et j’ai froid aux doigts, j’arrive à peine à boucler la sangle du casque.
Je pars sur les routes de la montée de Satory qui charrient des hectolitres d’eau de pluie et je commence à doubler tous les malheureux qui chaussent mal. Qu’on se le dise : ici, il vaut mieux démarrer chaussures aux pieds. On est toujours dans la flotte, pas trop de différence avec le parcours natation. Ah si : on a un vélo entre les jambes, le parcours n’est pas plat et il y a beaucoup plus de vent. Je suis extrêmement prudent car je veux faire un zéro-chute et un zéro-crevaison. Je ne tarde pas à voir Xavier sur le bord de la route avec ce qui ressemble à un pneu crevé. Damned. Sur une course aussi courte et rapide, ça sent le cramé pour Flam. Je continue d’appuyer très fort sur les cuisses pour faire honneur au maillot (je n’ose pas trop dire que je mouille le maillot, vu la météo…) avec deux ou trois compagnons de route qui m’aident à braver le fort vent dans la gueule, on rattrape le grupetto de Benjamin. Je sais maintenant qu’il crèvera lui aussi peu de temps après, décidément… (quand je pense qu’il a réparé et terminé la course, le tout avec un pied entaillé, chapeau bas !).
Ma prudence dans les passages délicats me fait perdre mes collègues et je continue à donner le maximum, seul sur la totalité du deuxième tour. Je ne me fais pas rattraper par les pelotons suivants, ce qui est plutôt pas mal, mais me coûte beaucoup d’énergie. Retour prudent au bercail pour une deuxième transition un poil plus normal, mais je suis transi.
Je me lance dans la forêt marécageuse pour le parcours à pied qui sera un grand moment boueux. Dès les premiers virages, ça se bouscule, ça glisse, ça panique. Je double plusieurs concurrents et me lance à fond dans une belle descente glissante. Arrivé en bas, mes cuisses décident de me lâcher comme une grosse merde au moment d’encaisser la charge la plus importante. Ma chute est aussi vertigineuse que celle des températures, je me tape un roulé-boueux sur l’épaule droite. Ça pique un peu, mais je ne vois pas de sang alors c’est reparti comme une bête traquée. Je donne ce que je peux sur ce terrain où les appuis sont incertains et les flaques parfois très profondes. On en a vraiment partout, les athlètes cherchent à droite et à gauche des passages plus solides, sur l’herbe, ou les cailloux, mais rien n’y fait : c’est mauvais partout. J’ai des jambes en bois. Dans ces conditions, on est content que l’épreuve soit courte et pas loin de la maison.
J’en termine en 1 h 23 min 42 s soit environ 8 min de plus que les bonnes années et on ne fait pas de vieux os au buffet de débriefing de l’arrivée.
Merci tout plein à Cécile, au Husse et à Claudius, à la famille Pottier, à Pascal, à Yann, etc., tous ceux qui étaient là pour nous soutenir dans ces moments épiques.
Je rapporte chez moi 3 kg de boue sableuse qui s’est glissée partout et qui est assez difficile à éliminer. Je mets une bonne heure à me réchauffer, dont une bonne partie sous la douche. J’ai très mal aux mollets et aux cuisses, preuve que j’ai vraiment tapé dedans. J’ai finalement de belles griffures sur l’épaule droite, comme si une fille avait été très contente d’être dans mes bras, heureusement que vous êtes quelques uns à pouvoir attester de mon emploi du temps de cet après-midi néanmoins mémorable. Et une fois calmé, je me rends compte que dans la chute, je me suis fait mal à une côte, mais cette fois-ci, à droite ! Ça tombe bien, ça commence à aller mieux à gauche.
Bon ben maintenant… il n’y a plus qu’à aller à Vendôme pour faire 4 fois ça !

Cette année nous étions plus d'une vingtaine à participer au Triathlon du roi à Versailles et
parmis nous se trouvait Christophe dont voici son compte rendu pour son premier triathlon

Bonjour à tous,
Je crois comprendre que la tradition veut qu'on fasse un CR sur son premier Tri, je m'y soumets bien volontiers.
Et vu que je ne poste que très raremant sur cette adresse, je me suis laissé aller à un truc un peu long (je n'en voudrai pas à ceux qui ne liront pas !).
Bon, on y va, ci-dessous ...
Quand on a ça dans un coin de la tête depuis longtemps, il faut s’y mettre un jour ...
Pour moi c'était le 25 mai 2014, c'était le Triathlon du Roi à Versailles, c'était mon premier Tri !
Depuis les années 80 et des mecs comme Mark Allen qui révélaient au grand public qu'on pouvait être un IronMan sur la Promenade des Anglais, je m'étais dit que je m'y collerais un jour: je savais encore nager après quelques années de compet. et deux saisons de water polo, j'avais le cuissot sollide et le cardio vaillant grâce au rugby, enfin je m'y voyais bien quoi ... Mais les années ont passé, sans triathlon, sans vélo, sans natation, avec le minimum de jogging et de fonte pour rester à peu près fit dans un cadre professionnel qui laisse peu de temps et une vision épicurienne de la vie qui n’épargne pas la physiologie …
Et va savoir, quand tu passes 50 piges, t'as les vieux démons qui se rappellent à toi… Et l'idée du triathlon est revenue me toquer dans un coin du carafon, pas très affirmée mais avec un brin de défiance:
- "cap. ou pas cap, tu tentes ou tu tentes pas ?"
- "OK, je tente, mais je commence petit ... j'apprends à faire du vélo, je réapprends à nager, et j'essaye de courir un peu plus vite et plus longtemps, après on verra si je fais un petit Tri ..."
- "va voir le Vélizy Triathlon, ils sont costauds mais cool et bon esprit, ils devraient même pouvoir accepter un mec comme toi"
Et vu que c'est vrai qu'ils sont costauds mais cool et bon esprit, j'y suis allé au Vélizy Triathlon, c'était en septembre 2012. Première saison sans épreuve, avec les tendons qui grincent, le temps suffisant qu'on ne trouve pas pour l'entrainement, la motivation qui va qui vient ... Enfin si, une épreuve, le "par équipe de Bondoufle", mais transformée en Duathlon et crevaison/abandon après deux bornes de vélo (c'était pas moi, je vais assez lentement pour réussir à éviter les clous sur la route ;-) ) ...
Et puis saison 2013-14: quelques sorties vélos qui me permettent dorénavant de doubler les VTT sur la route (enfin sauf si c'est Claude dessus !), des séances "piscines" où on ne me confond plus avec les vieilles de l'aquagym (respect à elles bien sûr !), des courses à pied avec Achille qui me lâche les tendons, good, ready for Triathlon !!!
Alors c'est parti pour le S du Roi. On est plein de Vélizyens, on se retrouve avant pour un brief salutaire pour moi (merci JujuR pour les conseils précieux de "par où on part et on revient", de "on met les chaussettes ou pas avant les chaussures sur le vélo avant de monter dessus (?!?!)", et merci JPP pour le talc, je ne me rappelais pas, mais c'est vrai que c'est doux dans les shoes). Merci également à Didier M pour le prêt de la trifonction du club, qui m’a permis d’être colorimétriquement identifié de loin.
And now, narration :
L'heure approche, tout va bien, on gonfle les vélos (Juju se moque, j’avais à peine 2 bars !), on entre dans le PAV, on s’échauffe un peu, on met la combi. et on descend tranquille vers la pièce d'eau des Suisses. Même pas peur, plutôt excité même à l'idée d'une baston dans l'eau pour partir dans les prem's ... Je perds les gars du club (tout le monde se ressemble avec une combi et un bonnet !), mais je me jette à l’eau avec une jubilation qui s’avérera vite de l’inconscience ….: mentalement, j'étais redevenu "années 80", affuté et warrior parmi des mecs pas plus forts que moi et à défier ! Et c'est là où ça se gâte avec le cruel principe de réalité : physiquement j'ai changé de siècle ... Résultats: 20 m de bagarre où c’est toi le boss et personne ne te double, et 730 m de nage non-identifiée avec cardio en vrac, bras en bois, 3 litres d'eau pas très claire ingérés, limite la gerbe, et 500 mecs qui te marchent dessus. Faudra revoir la tactique mon garçon, un départ peinard vu de derrière, ça doit être beau aussi ...
17 :39 après, j'arrive quand même à m'extraire de l'eau en titubant un peu et avec une tête de noyé. Mais satisfaction de courte durée, pas moyen de m'extraire de la combi.! J'ai beau attraper le velcro malgré mes épaules nouées, il ne bouge pas, il est comme collé. J’arrive à ma position dans le parc à vélo, toujours impeccablement ceint de ma combi. Heureusement sont restés là les supporters du club (merci à eux), parmi lesquels Xavier qui me guide et m’encourage pour l’extraction, ainsi que Del’ qui me fait remarquer que si je n’arrive pas à fermer mon casque, c’est juste parce que je l’ai mis à l’envers … Bulles dans le cerveau, perte de lucidité, ça va passer ! Pour ma première transition de triathlon, 4 :09, soit presque un Top10 des temps les plus pourris : je crois que je peux gagner un peu là-dessus …
C’est parti sur le vélo, et je me sens plutôt bien (par rapport à la natation je veux dire, tout est relatif …). Je trouve ça rigolo de rouler sur un circuit fermé à la circulation, j’en profite pour balayer toute la route, vu qu’il n’y a pas trop de pelotons à joindre avec l’heure tardive. Je roule avec quelques rares gars de mon niveau, Claude posté à un endroit stratégique de l’endroit m’encourage et me donne quelques conseils, et puis on termine à trois avec Didier F. et Jean-Pierre M. sous les « allez Vélizy » des courageux spectateurs encore présents. Descente de vélo un peu étrange avec une chaussure sur le vélo et l’autre au pied, et malgré tout transition chronométrée à 1 :19, soit aussi bien que Speedy … Y’en a souvent des bugs de chrono dans les Tri ?!?
Et puis le dernier morceau, CAP que je fais tranquille, y’a pas grand monde derrière qui me pousse et ma cheville strappée après petite entorse le dimanche précédent ne me donne pas de gage de solidité … Episode surréaliste lors de mon premier passage au contrôle où je vois « le grand jeune de veltri dont je ne connais pas le nom » (il se reconnaitra) qui lui en est à son 2eme tour et qui revient sur ses pas pour échanger son tour de cou dont la couleur ne lui plait pas (discussion avec les filles sur « le bleu qui est plus joli que le rouge ») ! J’ai fini le parcours mort de rire en me repassant la scène, malgré un temps vraiment nul même pour moi qui ne vais pas naturellement vite en CAP et qui n’ai pas cherché à accélérer … Effet du bug précité sur la transition ? Je ne saurai jamais (et on s’en fout !).
Bilan :
- Une phase « je suis motivé !!! »
- Une phase « je vais mourir »
- Plusieurs phases « je rigole »
- Une phase « au final je suis content quand même »
Plus un repas sympa le soir après l’effort, tout va bien, y’a plus qu’à recommencer (mais faudra quand même s’entrainer un peu plus) !
@+
Christophe
Dans le cadre des animations organisées par la mairie de Vélizy à l'occasion du Téléthon 2013, notre club était chargé d'animer le Gymnase Richet de 12h à 13h. Pour celà, une poignée de joyeux lurons rejoint par les basketteurs accompagnèrent Claude pour une petite démo de RPM.
Le mot du président :
Un grand merci à tous ceux qui ont donné un peu de leur temps pour le téléthon
La présence du triathlon a été remarquée.
Voici le lien de notre reporter du jour Iron J.
https://picasaweb.google.com/116028235467886944129/20131207?authkey=Gv1sRgCLyX7NmD-9_XWA

Belle participation de Vélizy Triathlon à la Ronde de Vélizy!
Les images sont ici:
- les photos du Président
Sans oublier le CR de @ !!!
Superbe course de nos athlètes à Jablines, dernière étape du Championnat d'Ile de France de Triathlon, le week-end dernier.
Le compte rendu d'@robase Juju est sur son blog:
http://arobase-triathlon.blogspot.fr/2013/09/3eme-cross-triathlon-sprint-de-jablines.html
Nos efforts auront payé, car au bout du suspens, le Club de Vélizy Triathlon rapporte à la maison une exceptionnelle 3ème place par Equipe dans ce Championnat Régional. Une première dans la vie du Club, qui ouvre la perspective de participer plus tard aux Championnats Nationaux type D3/D2/D1.
Un grand bravo à nos 20 triathlètes classés qui auront montré fièrement et porté la trifonction du club bien haut …
Mentions spéciales à Juju@ pour sa superbe 4ème place au général en Sénior Hommes pour sa première année, à Virginie pour sa 8ème place en Sénior Femmes pour sa première année également et à notre trio d’enfer de Vétérans Hommes (Olivier, Stéphane et Gilles) qui , excusez du peu ramène ni plus ni moins qu’une première place au général des Vétérans par Equipe en terminant 2ème, 4ème et 5ème sur 556 triathlètes… Les résultats complets ici.
Que de belles promesses pour l’avenir, nos jeunes recrues ont su profiter de l’expérience des « vieux sages »… Une dynamique s’est créée, qui sait ce que nous réserve ces costauds l’année prochaine…